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Art nouveau

L’Art nouveau à Nancy, ce qu’on vient voir

Deux musées, une villa et des façades restées dans les rues : l’Art nouveau de Nancy vient d’un groupe de fabricants réuni en février 1901 autour d’Émile Gallé. Le musée de l’École de Nancy et la villa Majorelle se visitent avec un billet commun à 9 €, le reste se regarde depuis le trottoir.

Ce que l’École de Nancy désigne

L’Alliance provinciale des industries d’art se constitue en février 1901. Émile Gallé la préside, Louis Majorelle, Antonin Daum et Victor Prouvé en sont vice-présidents. Le mot d’école induit en erreur : il s’agit d’un syndicat de fabricants, verriers, ébénistes, architectes, qui met en commun ses expositions, son enseignement et ses ateliers.

L’origine tient à une frontière. Après l’annexion de l’Alsace-Moselle en 1871, les industriels qui refusent la nationalité allemande replient leurs usines et leurs capitaux sur Nancy, restée française. La ville grossit vite. Une génération de patrons se retrouve avec de l’argent à placer et des maisons à bâtir, et elle passe commande aux membres de l’Alliance. Les façades que vous croiserez en marchant sortent de là.

Les mêmes noms reviennent d’une adresse à l’autre. Émile Gallé (1846-1904) pour le verre et le meuble, Louis Majorelle (1859-1926) pour le meuble, Auguste et Antonin Daum pour la verrerie familiale reprise en 1878, Jacques Gruber (1870-1936) pour les vitraux, Victor Prouvé (1858-1943) pour la peinture et la sculpture, Eugène Vallin pour le meuble et l’architecture. Côté bâtiment : Henri Sauvage, Lucien Weissenburger, Émile André, Henri et Henry Gutton.

Les deux visites qui demandent un billet

Un seul billet couvre les deux adresses : 9 €, 6,50 € en tarif réduit, gratuit pour les moins de 26 ans, et compris dans le Nancy CityPass.

LieuAdresseOuverture
Musée de l’École de Nancy36-38 rue du Sergent-Blandandu mercredi au dimanche, 10 h - 18 h
Villa Majorelle1 rue Louis-Majorelledu mercredi au dimanche, 14 h - 18 h, sur créneau horaire

Eugène Corbin habitait la maison devenue musée. Il y accumulait des meubles de Majorelle, du verre de Gallé et de Daum, des vitraux de Gruber. Les pièces sont meublées comme un intérieur d’époque plutôt qu’alignées en vitrines, ce qui donne la mesure de ce que ces ateliers vendaient : une salle à manger entière, pas un objet isolé.

Henri Sauvage a bâti la villa Majorelle en 1901-1902 pour l’ébéniste et sa famille. Première maison entièrement Art nouveau de Nancy, du portail aux poignées de porte. La visite individuelle se fait par créneau horaire : réservez avant de partir. Les deux adresses sont voisines, au sud-ouest de la ville, et tiennent dans une demi-journée. Depuis le 1901, le musée demande environ 30 min à pied ou 15 min en tram et bus, la villa se trouvant à quelques rues de là.

Ce qui se voit depuis le trottoir

Le reste de l’Art nouveau nancéien est resté dans la ville ordinaire : des immeubles habités, une banque, une brasserie, un siège de chambre de commerce. Rien à payer, rien à réserver, et les façades se lisent en une matinée de marche.

AdresseAuteur et dateÀ regarder
Graineterie Génin-Louis, angle rue Bénit et rue Saint-JeanHenri et Henry Gutton, 1900-1901seul immeuble de Nancy à structure métallique apparente, vitraux de Gruber
Maison Bergeret, 24 rue LionnoisLucien Weissenburger, 1903-1905cinq vitraux de Gruber dont « Roses et mouettes » dans le hall, toile de plafond de Victor Prouvé
Brasserie Excelsior, 50 rue Henri-PoincaréWeissenburger et Alexandre Mienville, 1911salle toujours en service, aucun billet
Chambre de commerce et d’industrie, 40 rue Henri-PoincaréÉmile Toussaint et Louis Marchal, 1908vitraux de Gruber, ferronneries de Majorelle
Ancienne banque Renauld, rue ChanzyÉmile André et Paul Charbonnier, 1910frises de fruits en façade

La graineterie Génin-Louis est le bâtiment Art nouveau le plus proche du 1901, à quelques minutes à pied dans le quartier Charles III. Elle a été bâtie pour Jules Génin et Camille Louis, marchands de graines, et sa structure métallique reste visible en façade, ce qu’aucun autre immeuble de la ville ne montre.

La maison Bergeret, 24 rue Lionnois, a été commandée par Albert Bergeret, imprimeur de cartes postales. Elle se regarde depuis la rue, comme la façade de la chambre de commerce et celle de l’ancienne banque Renauld, aujourd’hui une agence BNP. La brasserie Excelsior, ouverte en 1911 à l’initiative de Louis Moreau, des Brasseries de Vézelise, se tient en face de la gare, à 13 min de l’immeuble : la salle sert toujours, un café au comptoir suffit pour la voir.

La collection Daum, sous la place Stanislas

Le musée des Beaux-Arts tient tout le côté ouest de la place Stanislas, à 8 min et 650 m de l’immeuble. Sa collection Daum est installée en sous-sol, dans les fondations des anciennes fortifications de la ville. Comptez deux heures pour l’ensemble du musée.

C’est la visite Art nouveau la plus simple à caler dans une journée, puisqu’elle se trouve sur le trajet de tout le reste. Dormir à huit minutes de la place Stanislas la met à portée de marche, y compris en fin d’après-midi quand le reste du programme a pris du retard. La boutique Daum vend la pâte de cristal que la maison produit, ses maîtres verriers travaillant depuis 1878.

L’ordre dans lequel prendre les visites

Chaque adresse se prend d’une manière différente, et c’est ce qui commande l’ordre des visites :

AdresseComment on y entre
Musée des Beaux-Arts et collection Daumbillet du musée, aucune réservation, deux heures sur place
Graineterie Génin-Louis, maison Bergeret, ancienne banque Renauldfaçades visibles du trottoir, à toute heure, sans billet
Chambre de commerce, 40 rue Henri-Poincarévitraux et ferronneries lisibles depuis la rue
Brasserie Excelsior, en face de la garesalle en service : un café au comptoir suffit pour la voir
Musée de l’École de Nancybillet commun à 9 €, du mercredi au dimanche, 10 h - 18 h
Villa Majorellemême billet, mais créneau horaire à réserver avant de partir

Un premier jour dans le centre : les Beaux-Arts et la collection Daum le matin, les façades du quartier l’après-midi, l’Excelsior en fin de journée puisqu’elle fait face à la gare. Un second jour au sud-ouest : le musée de l’École de Nancy à l’ouverture, la villa Majorelle sur un créneau de l’après-midi. Le musée et la villa ferment le lundi et le mardi, ce qui commande le reste du programme plus sûrement que la météo.

Pour rejoindre la ville, le train, la voiture et le stationnement sont détaillés à part, et le TGV depuis Paris met 1 h 30. Avec des enfants, le programme se règle autrement : les vitraux tiennent une heure, pas trois, et le parc de la Pépinière est à 12 min. Les tables repérées autour de l’immeuble sont réunies dans nos adresses de midi et de soir.

Le nom de l’appartement

1901 est l’année où l’Alliance provinciale des industries d’art se constitue, et celle où commence la construction de la villa Majorelle. L’appartement porte cette date parce que sa rénovation, achevée en janvier 2026, reprend le vocabulaire de l’École de Nancy : mobilier chiné et appliques d’époque 1910, aucune reproduction.

Il fait 50 m², compte deux chambres et quatre couchages, au 2e étage avec ascenseur, classé meublé de tourisme 3 étoiles, dans le quartier Charles III. Cuisine complète, lave-linge et sèche-linge, fibre et Wi-Fi 6. On entre seul, par code, dès 16 h, à l’heure qu’on veut ensuite, et l’on repart avant 11 h. Les prix commencent à 77,50 € la nuit hors frais. La conciergerie Cocoonr gère les réservations et les séjours.

Le 1901 est à cette adresse

Appartement de 50 m², 4 voyageurs, 2 chambres, au 2e étage avec ascenseur, dans le quartier Charles III.

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